Chine : de Pékin au port de Tianjin ou quand je regrette de ne pas avoir pris le bus

  • Dates : du 11 août au 14 août 2016
  • Distances parcourues : 220 km 
  • de Pékin au port de Tianjin.

Quand j’avais pris la décision d’aller au port de Tianjin à vélo afin de prendre le ferry pour la Corée, je pensais faire une simple promenade d’environ 200 km. Au guichet où j’avais pris mes billets pour Inchéon, on m’avais mis en garde sur la distance à parcourir. Je leur avais dit que je comptais partir le jeudi 11 août  pour prendre le bateau le dimanche 14 au matin. ce qui me laissait 3 jours pour voyager.

Bien évidemment, je leur avais demandé de me situer le terminal sur une carte que j’avais, ce qu’ils avaient fait.

Chaleur caniculaire

Le 1 er jour, au début, tout va bien. La sortie de Pékin se fait sans grosses difficultés. Mais je souffre de la chaleur. Il fait plus de 36°C et surtout, il n’y a pas le moindre souffle d’air.

Tout au long du voyage, je vais suivre la ligne à grande vitesse Pékin  -Tianjin. 118 km dont 100 en viaduc..
Tout au long du voyage, je vais suivre la ligne à grande vitesse Pékin -Tianjin. 118 km dont 100 en viaduc….

Vers midi, je suis exténué. Je trouve un pont où règne une relative fraîcheur. J’adopte alors la coutume locale. Je m’allonge à même le bitume à l’ombre et je dors un peu. Il y a avec  moi quelques chinois qui en font de même.

Je repars et en fin d’après-midi, je traverse Langfang, métropole moderne puis j’arrive à une birfucation avec une grosse artère la G105 surchargée de camions. Je m’arrête dans un petit resto routier. pour manger et me reposer.

Il est 19H00, il fait nuit, toujours aussi chaud et je ne sais pas où je vais dormir. Le fils de la patronne qui parle un peu anglais s’en inquiète et me propose de dormir à l’hôtel situé à 100 m de là, J’accepte mais pas de chance, c’est complet. Il me dit qu’il y a un autre hôtel à quelques kilomètres d’ici. Je pars donc dans la nuit mais après 500 m, je me rend compte que je n’y arriverai pas. Il fait totalement nuit, la route n’est pas éclairée et des camions me doublent sans arrêt. Je vois une petite route, un champs de maïs et une petite place où poser ma tente que je monte à la lumière de ma lampe frontale.

J’essaie d’abord de dormir avec la moustiquaire de la tente fermée  mais je suffoque littéralement. Il n’y a toujours pas le moindre souffle d’air et il fait encore plus de 30°. Je suis trempée de sueur. Je décide donc d’ouvrir la tente pour avoir d’un peu d’air, m’enduit de lotion répulsive et dégonfle le matelas pour  profiter de la fraîcheur toute relative du sol.

Je ne vais presque pas dormir, m’épongeant régulièrement et me faisant allègrement piquer malgré ma lotion.

A 4H00 du matin, je décide de partir. Il fait encore nuit, mais une légère lueur apparaît. Je démonte la tente et prend la route. Je peux ainsi profiter de la relative fraîcheur matinale (29°C°) et en pédalant, j’ai enfin un peu de vent.

Tianjin symbole de l’expansion économique chinois.

Je compte arriver à Tianjin dans la journée.  La route est désagréable, énorme artère bordée de buildings immenses à perte de vue. 

Paysage typique rencontré pendant le trajet : des building, des grues et de longues artères.
Paysage typique rencontré pendant le trajet : des building, des grues et de longues artères. Ici entre Langfang et Tianjin
Tianjin : Le "Eye Bridge". Une grande roue sur un pont. Original...
Tianjin : Le « Eye Bridge ». Une grande roue sur un pont. Original…

J’arrive l’après-midi dans le centre de Tianjin. La ville est ultra-moderne, avec de nombreux gratte-ciels. Mais, elle a également un petit air européen, résultat de la présence de concessions européennes essentiellement, française et anglaise, entre 1860 et 1946. Pour renforcer cet aspect, des calèches sillonnent la ville comme dans certaines capitales touristiques européennes.

 

Le China antique castle d'inspiration hispanique ...
Le China antique castle d’inspiration hispanique …

 

Je passe une bonne nuit dans une auberge de jeunesse et je repars, direction le district de Binhaï ou se situe le port. C’est encore à plus de 45 km de Tianjin.

 

Des calèches comme en Europe.
Des calèches comme en Europe.

J’avais réservé un hôtel sur booking.com mais en consultant ma réservation, je me suis rendu compte qu’il n’acceptait pas d’étranger, ce que je n’avais pas vu la première fois. J’avais donc annulé, pestait contre la dizaine d’euros perdus (réservation non remboursable) et pris une autre réservation.

En suivant mon GPS, j’arrive devant l’immeuble indiqué sur booking.com. Cela ne ressemble pas à un hôtel, mais à un gros building. J’entre au rez-de-chaussée, il y une réception. Je montre ma réservation et on me conduit dans un des appartements de l’immeuble où se situe le propriétaire d’une pension qui loue en réalité des appartements meublés à la journée.

Mais surprise, le propriétaire me fait comprendre que l’appartement n’existe pas. J’insiste en montrant ma réservation. On finit par me proposer de me conduire à un autre hôtel pour le même prix et on me demande d’annuler ma réservation. J’obtempère et le propriétaire me conduit à un autre hôtel mais qui est complet. Il finit donc par me donner une de ses chambres, on négocie un peu le prix, c’est légèrement plus cher mais la chambre est grande, confortable et le lit est « king size ».

Traversée des zones industrielles chinoises

Je suis enfin dans ma chambre. Je regarde la route pour aller au terminal et stupeur , c’est à plus de 35 km. je dois y être pour  9H00. Je décide donc à partir tôt à 5H00, afin d’être sur d’y être alors.

Je cherche sur Google à confirmer la position du terminal qu’on m’avais donné mais je n’avais rien trouvé. Je suis donc un peu inquiet.

Le lendemain, me voilà donc en train de traverser ces immenses zones industrielles. On y trouve des entreprises européennes mais également beaucoup de japonaises.

Je suis mon GPS, mais au bout de 20 km, je tombe sur des barbelés. Mon GPS me dit d’aller tout droit mais impossible. Je tourne à gauche et prend une autre route mais là c’est une route interdite au vélo. Je suis désemparé. Las, je finis par arrêter un taxi en lui montrant mon billet. Il ne sait pas où est le terminal mais un de ces collègues arrive, ils discutent entre eux  pendant 15 bonnes minutes, et finissent par accepter de me prendre. Ils veulent mettre le vélo dans un des taxis et moi dans l’autre. J’accepte après avoir demander le prix : 20 euros. Un peu cher, ils en ont profité un peu mais je n’ai pas vraiment le choix.

J’arriverai vers 7H30 au terminal qui était bien situé où on me l’avait dit, en roulant à plus de 100 km/h sur ces immenses artères industriels. Finalement, je suis en avance et le terminal est encore fermé.

3 jours donc de galères, à suer comme un boeuf à cause de la chaleur et à maudire ce pays où rien ne se passe comme prévu. Tout y est plus compliqué mais finalement, on y arrive toujours. Et que de souvenirs avec toutes ces surprises que seule la Chine peut nous réserver….

En quittant Tianjin au petit matin : des couples dansent sous un pont
En quittant Tianjin au petit matin : des couples dansent sous un pont

Finalement,  je ne regrette pas tant que ça de ne pas avoir pris le bus….

 

Une réflexion sur « Chine : de Pékin au port de Tianjin ou quand je regrette de ne pas avoir pris le bus »

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