Chine : l’ancienne province de Zhili.

  • Dates : du 31 juillet au 10 août 2016
  • Distances parcourues : 500 km 
  • de Xiang Huang à Pékin

Zhili est une ancienne province du nord de la  Chine. Elle comprenait autrefois la province de Hebei, ainsi que les ville de Pékin et Tianjin. C’est ce territoire que j’ai traversé à vélo au mois d’août sous une chaleur accablante pour rejoindre le port de Tainjin et prendre le bateau pour la Corée du Sud

La générosité des chinois des champs.

C’est le 30 juillet que je quitte pour de bon le désert de Gobi. Après avoir encore subi un orage pendant la nuit (mais je m’étais réfugié dans un bâtiment désaffecté), j’arrive dans l’agglomération de la Bannière de Xiang Huang.

Bannière de Xiang Huang en Mongolie Intérieure
Bannière de Xiang Huang en Mongolie Intérieure

Dans la ville, je suis un peu surpris. On me demande sans cesse de se faire prendre en photo avec moi, et on m’offre des bouteilles d’eau. Une petite fille et sa mère que j’avais déjà croisées sur la route m’invite même à déjeuner, je refuse par timidité.

Le paysage a radicalement changé, il y a enfin des arbres. La deuxième agglomération que je rejoins l’après-midi s’appelle Xian de Huade.

La ville est agréable, on y voit une fausse muraille de Chine et un monument avec des anciennes tanks, et des  mitraillettes de l’armée chinoise.

Dans cette ville, j’ai également l’impression d’être un extra-terrestre. Tout le monde me regarde et beaucoup veulent se faire prendre en photo avec moi.

Je souhaite pouvoir dormir dans un bon lit. Je recherche donc un hôtel. Mais ici, il ne suffit pas de réserver son hôtel sur booking. je rentre dans un premier hôtel mais la réceptionniste ne parle pas un mot d’anglais, heureusement, une jeune chinoise arrive et m’informe qu’en réalité, l’hôtel est réservé aux chinois. Mais elle me propose de me conduire à un autre hôtel. Arrivé au  deuxième hôtel, même topo, pas d’étranger chez nous.

Après deux autres tentatives, je finis par me résigner à dormir dans un petit bois au milieu de la ville.

Mais auparavant, je cherche à dîner. je trouve un bon petit restaurant et on me sert une super bonne soupe avec des pâtes. Au moment de payer, surprise, le gérant me fait comprendre qu’il m’offre le repas.  Bien évidemment, j’ai droit à la maintenant traditionnelle photo, et tout cela reste bon enfant.

La province de Hebei ou l’enfer des routes chinoises.

Le lendemain matin, je profite d’être dans la ville pour faire le marché. Là également, ma timidité naturelle est mise à rude épreuve car j’attire tous le regards. Je prend un petit déjeuner dans un resto local : soupe de millet

Marché matinale à Xian de Huade.
Marché matinale à Xian de Huade.

et brioches à la viande appelé bao, c’est vraiment bon. Seul point noir, pas de café, les chinois ne boivent que du thé. Je négocie de l’eau chaude et me fait une tasse avec mon Nescafé.

Je prend la route, direction la province de Hebei que j’atteins vers Midi. je souhaite arriver dans le prochaine agglomération pour faire des provisions et acheté notamment du nescafé, mais elle se situe à 120 km.

Village abandonné en Chine : il ne reste plus qu'une poignée de sympathiques vieillards.
Village abandonné en Chine : il ne reste plus qu’une poignée de sympathiques vieillards.

Je traverse beaucoup de villages abandonnés, symbole de l’exode rural chinois où il ne reste que quelques vieux. Le soir, arrivant à un carrefour où se trouve des restaurants pour routiers, je m’y arrête et je m’offre un bon repas avec 2 bières. Je n’ai plus la force de reprendre la route, et il fait nuit. Je m’installe donc juste à coté du restaurant près du parking pour camions. Pas terrible pour le sommeil.

Le lendemain matin, je repars sans avoir mangé car je n’ai plus de provision. Le plus dur est de de ne pas avoir mon café matinal. Je m’arrête à un resto local mais il est encore trop tôt, on me dit qu’il n’y a rien. Je m’installe tout de même puisqu’il y a de la wi-fi. On finit par m’offrir du thé avec un petit pain. 

J’arrive dans l’agglomération de Xian de Zhangbei vers midi où je profite pour faire le plein de provisions. Je repars en suivant toujours la G207, mais au bout d’un moment, elle rejoint l’autoroute S10 et est interdite aux vélos. Je suis dépité, il y a pas d’autres routes. Je vois un employé en train de balayer la route, il me fait comprendre qu’il y a pas de soucis, que je peux y aller. Je prend la bretelle d’insertion et roule sur l’autoroute. Je me rends compte qu’il y a plein de cyclomoteurs et je croise même la police. En réalité, la portion commune est assez petite et par la suite la G207 se départage de l’autoroute. 

Toutefois, la circulation est devenue très dense, beaucoup de camions qui klaxonnent à chaque passage. De plus,  la route est vraiment étroite, ça devient un enfer.

Le soir,  je vois des hôtels le long de la route avec des  rabatteurs essayant d’attirer le touriste chinois. J’ai vu une petite route touristique juste avant qui avait l’air sympa et j’ai envie de dormir dans un bon lit. Je m’arrête au hasard au  plus grand étonnement des gérants de l’hôtels. Encore une fois, dans cette hôtel, que des chinois, je suis le seul occidental et tout le monde est au petit soin avec moi.

Le lendemain matin, après un bon petit déjeuner, je laisse les bagages et pars vers la route touristique n° X001. Les paysages sont superbes. mais la route est très difficile. Ce sont vraiment les montages russes et même sans bagage, je finis par me fatiguer des pentes à 20 %.  Il y a beaucoup de touristes chinois en voiture, je suis le seul à vélo.  On me klaxonne sans arrêt, soit pour me saluer, soit pour se signaler. Je me résigne  à faire demi-tour sans être aller au bout de la route, pour revenir à l’hôtel vers midi.

La route devient un peu plus facile, et j’arrive vers 14H00 dans la ville de Zhangjiankou.

La ville de Zhangjiankou
La ville de Zhangjiankou

Mais là surprise, la ville est gigantesque. En réalité, l’agglomération compte près de 4,3 millions d’habitants  dont plus d’un million intra-muros. C’est 2 fois la ville de Lyon… Il y a des buildings partout. 

Théatre de plein air à Zhanjiankou
Théatre de plein air à Zhanjiankou

Comme je ne souhaite pas y séjourner, je décide d’en sortir le plus vite possible. Mais la ville est immense et de plus la G110 que je veux emprunter est interdite au vélos. Je dois faire un gros détour. Je me perds dans la banlieue et c’est là au détour d’un virage que je découvre un spectacle de théatre en plein air. Surprenant.

Street food à la chinoise : bon, pas cher et le sourire est en prime.
Street food à la chinoise : bon, pas cher et le sourire est en prime.

Il y a plein de vendeurs ambulants. Je prends quelques photos, j’achète de quoi manger et je continue ma route à la recherche d’un endroit pour dormir. C’est vraiment difficile, il y a des champs de maïs partout, et pas un endroit pour planter ma tente. je finis par trouver une petite place discrète. Seul problème, je suis près de l’aéroport et les avions décollent sans arrêt.

La nuit, il fait très chaud et j’ai du mal à dormir. Le lendemain, le brouillard est présent, Il ne me quittera plus jusqu’au port de Tianjin. Je roule sur la G110, mais c’est encore un enfer. Des files de camions me doublent sans cesse en klaxonnant et en soulevant des tonnes de poussières. Il fait une chaleur étouffante sans un souffle de vent et le brouillard ne se dissipe pas de la journée.

Je passe la nuit dans ce qui ressemble à une garrigue méditerranéenne. Des bergers descendent de la montagne avec leurs moutons. Vers 10h00 du soir, je vois des lampes dans la nuit. Armé de mon courage, je vais voir. 3 hommes inspectent les rochers, ils me montrent leurs butins … des scorpions.

Embouteillage monstre de camions : au moins ils ne klaxonnent plus.
Embouteillage monstre de camions : au moins ils ne klaxonnent plus.

Le lendemain, je prends la direction de la ville de Janquin, située dans la province de Pékin. Il y a toujours beaucoup de camions, mais à un certains moments, je tombe sur un embouteillage monstre. Je double tant bien que pensant tomber sur une accident. Mais non, il s’agit en fait du check point pour rentrer dans la province de Pékin. Toutes les camions et toutes les voitures sont contrôlés. Pour ma part, on me fait passer sans rien me demander, j’ai juste droit à un grand sourire des policiers.

Par la suite, plus un camion, la route redevient un vrai plaisir.

La muraille de Chine .. sans les touristes.

Avant de rejoindre la capitale, je souhaite visiter l »incontournable » muraille de Chine. Je pensais aller au site de Mutianyu, moins fréquentée que le site de Badading mais plus lointain.

Arriver à Yanquin, je me rend compte que je vais perdre beaucoup de temps. La route est difficile à cause de la chaleur, je décide donc d’aller sur le  site de Badaling.

Je suis les panneaux de signalisation et j’arrive le 6 août au matin. Il y  juste  sur le site une petite auberge de jeunesse et un restaurant qui est fermé. Je m’installe pour passer la nuit dans l’A.J. Et je pars visiter la muraille. Je suis surpris, peu de touristes, mais par contre, c’est toujours la canicule et le brouillard ne se dissipe pas.

Le lendemain, je prend la direction de la capitale que je compte rejoindre dans la journée. Et la surprise, je traverse le site principale, plein de monde, des voitures, des bus, des hôtels et des boutiques. je vois la muraille bondée. 

Le site que j’ai visité était un site annexe qui s’appelle « Ancient Great Wall of Badaling ». Si vous n’aimez pas les sites trop touristiques, je vous le recommande. Mais y accéder est difficile, les pentes sur le mur sont élevées et pas de tobbogans, de télésièges ou de luges de quelque sortes comme sur les autres sites. Tout se fait à pied. Mais, du coup ça reste beaucoup plus authentique. 

Sur la route qui mène vers Pékin, c’est un embouteillage monstre  dans les deux sens. On est dimanche et les pékinois semblent s’être rallier au mode de consommations occidentaux et aux joies des week-end à la campagne

Pékin : ma non-visite de la cité interdite

A  pékin, je suis resté 4 jours. J’ai beaucoup aimé flaner dans les petites ruelles de la capitale appelées Hutong. j’ai beaucoup aimé la nourriture comme partout en Chine et notamment ces petits déjeuner à base de petit pain cuit à la vapeur appelé Baozi ou Bao ou de raviolis appelé Wontons qu’on accompagne d’une soupe de grumeaux de millets ou de Tofu.

J’ai voulu visité la cité interdite, mais les guichets étaient fermés. Impossible d’acheter un billet sur le site seulement sur internet. J’ai donc passé mon chemin, sans aucun regret.

A pékin, j’en ai profité pour acheter mon billet pour le ferry pour la Corée du Sud. Il y a plusieurs ferrys partant de différents ports qui desservent la Corée. Sur les conseils d’un cycliste coréen que j’avais rencontré en Mongolie, j’ai choisi de partir du port de Tianjin, le plus près de Pékin.

Pour réserver, c’est comme souvent en Chine, compliqué. C’est la compagnie coréenne Jinchon qui exploite la ligne Tianjin-Inchéon. Après avoir visité leur site (en chinois) et grâce à google traduction, j’ai compris qu’il fallait téléphoner pour réserver. Je demande à la gérante de la guesthouse où je logeais d’appeler pour moi. Après une heure de palabre et 3 appels, elle me dit qu’il faut que je me rende à l’hôtel Beijing, grand hôtel luxueux situé à coté de la cité interdite.

Le lendemain, j’enfourche mon biclou et me voilà en direction de l’hôtel Beijing, je passe par la place Tien an men et la cité interdite  sans qu’aucun des très nombreux policiers ne m’interpellent. A pied, il faut passé au détecteur de métaux comme à l’aéroport. je suis un peu surpris.

Je trouve enfin le bureau après avoir visité l’hôtel de long en large et découvert que même dans ces grands palaces, personne ne comprend un mot d’anglais.

Il est midi, et une femme qui parle anglais (enfin), me dit qu’elle va voir si il y a encore de la place et me demande de revenir à 13h30. Je reviens à l’heure dite et miracle, mon billet est prêt. Par contre,je trouve le prix un peu élevé : 145 €

Il ne me reste plus qu’à rejoindre le port de Tianjin. La femme me propose de prendre le bus mais bien évidemment je refuse. 

Je vais mettre 4 jours pour rejoindre le port, 4 jours de galère totale: Chine : de Pékin au port de Tianjin ou quand je regrette de ne pas avoir pris le bus

 

 

 

 

 

 

 

Une réflexion sur « Chine : l’ancienne province de Zhili. »

  1. ca y est,un nouveau message
    tu nous as laissé sur notre faim depuis le désert de Gobi.

    maintenant après avoir marché sur la muraille de chine (ai eu le vertige en voyant la pente….), tu nous laisse sur notre faim en promettant la galere totale pour rejoindre Tianjin 🙁

    je vais montrer les photos des plats chinois aux enfants qui aime cette cuisine. A quoi ressemble la soupe de tofu ? sucré ?

    As tu fait un stop définitif au Japon ?

    Bon coup de pédale,
    Luc

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