La Traversée du Désert de Gobi.

  • Dates : du 21 juillet au 7 août 2016.
  • Distance parcourue : 1 525 km
  • Itinéraire : de Oulan-Bator à Pékin

Le désert de Gobi est une vaste zone désertique qui s’étend du Nord de la Chine au Sud de la Mongolie. C’est le 5e plus vaste désert du monde mais aussi, l’une des régions les plus froides avec des températures de l’ordre de -30°C à -40°C en janvier.

La région est aussi connue pour ses tempêtes de sables qui sévissent essentiellement au printemps et les vents très fréquents qui peuvent parfois souffler jusqu’à 200 km/h.

La route (Voir carte ci-dessous.)

En Mongolie

J’ai emprunté  la route principale AH3 qui va de Oulan Bator à Zamiin Uud, ville frontalière avec la Chine. Le désert démarre réellement à Choyr, située à environ 200 km de Oulan-Bator. Pour parcourir les 700 km, j’ai mis un peu moins de 7 jours,

La route est revêtue et en très bon état. Une fois que l’on a passé le carrefour avec la A0501 (direction Erdene), la circulation devient assez faible, avec quelques centaines de voitures par jour.

Outre Choyr, Saynshand est l’autre ville importante sur le parcours.

L'AH3 qui va de Oulan-Bator à Zamin-Uud : un long ruban de bitume
L’AH3 qui va de Oulan-Bator à Zamin-Uud : un long ruban de bitume

En Chine -Mongolie intérieure

En chine, j’ai suivi la G208 jusqu’à Saihan-Tal, une 2*2 voies à péage, mais que l’on peut emprunter à vélo. Puis, à Saihan-Tal, j’ai bifurqué en suivant la S208.

La S208 est d’abord une petite route très agréable au milieu de nulle part, puis après 60 km elle rejoint la route principale également dénommée S208. On arrive ainsi à la limite administrative entre les provinces de la Mongolie intérieure et de Hébeï peu après le district de Huade.

La route qui traverse la Mongolie intérieure est également en bon état. Le trafic est un peu pénible sur la G208, avec pas mal de camions , mais une fois passé Saihan Tal et quitté la G208 pour la S208, la circulation devient très faible.

La S208 peu après Saihan tal
La S208 peu après Sahan tal

Le ravitaillement

L’une des difficultés est le ravitaillement en eau et en nourriture.

Jusqu’à Choyr, il y a aucun soucis, on trouvera des petits markets et des petits restaurants tous les 60 km maxi.

A Choyr, par précaution,  j’avais pris 11 l d’eau et  de la nourriture pour 2 jours. Mais cela s’est avéré inutile puisqu’on peut se ravitailler facilement à Dalanjargalan ou à Airag.  Ensuite, il n’y a plus rien jusqu’à Saynshand située à 120 km.

A partir de cette ville, il est très difficile de se ravitailler jusqu’à Zamii-Uud. Je suis parti avec 11 l d’eau et 3 jours de nourriture. Un peu après Saynshand, j’ai trouvé une yourte qui faisait resto. j’ai pu y manger un plat de pâtes accompagné de viande de moutons et acheter une bouteille d’eau.

Yourte faisant resto après Shayshand
Yourte faisant resto après Shayshand

Un point de ravitaillement se situe à l’intersection de la piste qui vient d’Erdene, Il s’agit d’une station service avec une toute petite épicerie. Vous trouverez quelques boissons et un peu de nourritures.

En Chine, les points de ravitaillements sont plus nombreux et jamais espacés de plus de 100 km, il n’y a donc plus de soucis.

A noter qu’il n’est pas rare qu’une voiture s’arrête pour vous donner une bouteille d’eau. Plutôt agréable.

La météo

Pendant les 18 jours de voyages, j’ai eu la chance d’avoir une météo plutôt clémente. Des chaudes journées ensoleillées (30°C à 35°C) et des nuits relativement fraîches (aux alentours de 10°C).

Les orages

Difficile d’échapper aux orages en cette saison dans la région.

Le 2ème jour, en fin de journée, un peu après Bakhanghai  j’ai subi un gros orage avec une énorme averse. Je me suis réfugié sous un pont faisant fuir les chevaux qui s’y trouvaient. Peu agréable puisqu’il y a avait du fumier partout, mais au moins j’étais au sec. La grosse averse a duré 1 heure mais il a continué à pleuvoir toute la nuit, avec moins d’intensité toutefois.

Ensuite, j’ai également subi 2 gros orages la nuit du 27 au 28 juillet en Chine.  J’étais sur la route S208 à 30 km de Sahan Tal. Je venais de traverser d’énormes champs d’éoliennes, et je me suis arrêté sur un petit sommet avec vue sur une rivière asséchée. Vers 10H00, une fois la nuit tombée, j’ai aperçu des éclairs au loin. Je me suis dépêché de descendre à mi-pente par prudence. L’orage qui est venu du nord est passé sur moi vers 11 heures puis a poursuivi sa route vers le sud.

J’ai pu enfin dormir un peu mais à 5 h, même topo, à nouveau un orage venant du nord qui me passe dessus.

Les 2 orages ont apporté assez peu de pluie, quelques bourrasques de vent au plus fort de leur activité et quelques grêlons gros comme des billes. Le plus impressionnant, ce sont les très nombreux éclairs, que l’on voit de très loin. Flippant également

La calme avant la tempête
La calme avant la tempête
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2 heures après. L’orage arrive.

Le vent

Je redoutai le vent et les tempêtes de sables. Je n’ai eu finalement qu’une journée de vent le 3ème jour après l’orage de la veille. Il a soufflé très violemment, aux alentours de 50 km/h voire plus. Heureusement, dans le bon sens, ce qui m’a permis d’effectuer 135 km sans le moindre effort .

Je n’ai eu aucune tempête de sable. 

Les paysages.

Jusqu’à Choyr, c’est la steppe. Peu de changement par rapport au Nord de la Mongolie.

Toutefois, petit à petit, la végétation se fait plus rare et on voit de plus en plus de rochers.

Coucher de soleil le soir avec pour seul horizon le ligne du Transmongolien. Ici la steppe est encore bien présente
Coucher de soleil le soir avec pour seul horizon le ligne du Transmongolien. Ici la steppe est encore bien présente

A partir de Choyr et jusqu’à la Chine, c’est de la steppe désertique. Il y a toujours de la végétation mais parsemée et de plus en plus de rochers. Le paysage est assez changeant, mais peu de sables comme on se l’imagine.

Superbe paysage semi-désertique entre Shayshand et Zamiin-uud
Superbe paysage semi-désertique entre Shayshand et Zamiin-uud

Il y a de l’eau dans le désert de Gobi. Un soir , entre Dalanjargalan et Airag, je me suis même baigner avec des gamins du coin. Je pense que le violent orage en a apporté beaucoup car il y avait beaucoup de flaques partout.

Mes compagnons de baignades d'un soir.
Mes compagnons de baignades d’un soir.
Bivouac au bord de l'eau dans un désert ....
Bivouac au bord de l’eau dans un désert ….

Une fois passé en Chine, et jusqu’à Sahan-Tal, le long de la  G208 c’est moche, plat avec d’innombrables poteaux qui parsèment le paysage. 

La G208 juste après la frontière.
La G208 juste après la frontière.

Ensuite, on retrouve le Gobi tel que je l’aime, avec  des rochers, de la prairie et un relief plus prononcé.

Le paysage le long de la S208
Le paysage le long de la S208

Les premiers arbres font leur apparition. L’occasion de se rappeler qu’il est bon de pouvoir s’y mettre à l’ombre.

Voilà petit à petit, le désert disparaît.
Voilà petit à petit, le désert disparaît.
Enfin, je peux me reposer à l'ombre d'un arbre ....
Enfin, je peux me reposer à l’ombre d’un arbre ….

Une expérience exceptionnelle.

Le parcourt n’est pas très difficile, il faut juste gérer au mieux ses réserves d’eau et de nourritures. La chaleur n’est pas étouffante, car l’air est très sec mais il est difficile de se mettre à l’ombre ou simplement de se reposer, comme on le voudrait. 

Enfin, un endroit où se reposer ...
Enfin, un endroit où se reposer …

Ce voyage restera une expérience exceptionnelle à plusieurs titres. J’ai beaucoup apprécié les bivouacs seuls dans le désert, avec ou sans orage. La générosité de la population locale m’a également beaucoup touchée. Il n’a pas été un jour sans qu’on m’offre une bouteille d’eau ou même un repas comme en Chine, lorsque croyant rentré dans un restaurant, je me suis retrouvé à partagé le repas de la famille. 

Bref,  un grand moment de bonheur.

En voyant ce panneau et une yourte, j'ai cru trouvé un petit resto comme souvent ...
En voyant ce panneau et une yourte, j’ai cru trouvé un petit resto comme souvent …
La famille qui a accueilli et partagé leur repas avec moi, pauvre cyclotouriste étranger.
La famille qui m’a accueilli et partagé leur repas avec moi, pauvre cyclotouriste étranger.

2 réflexions sur « La Traversée du Désert de Gobi. »

  1. Merci d’avoir si bien partagé votre expérience.
    Bon nombres d’informations me seront précieuses. Je compte relier cet été Shanghai via Pekin, jusqu’à Oulan-Bator a trottinette.

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