La Mongolie à Vélo : De la Frontière Russe à Oulan Bator

  • Date : du 24 juin au 30 juin 2016.
  • Distance parcourue : 390 km
  • Itinéraire : de  Altanbulag à Oulan Bator

La Mongolie est un pays qui me faisait rêver. J’ai toujours eu envie de parcourir la steppe mongole à la rencontre de ce peuple nomade, descendant des cavaliers de Gengis Khan, qui ont conquis un immense territoire, allant de la Chine, à la Perse et jusqu’à la frontière de l’Europe.

C’est une des  raisons pour laquelle j’ai choisi cet itinéraire qui me permettait de traverser ce pays.

Comme m’avait prévenu Sandrine et Florent, un couple de jeunes cyclistes  rencontré au bord du Lac Baïkal, le passage de la frontière fut un moment difficile. Impossible de passer à vélo, il fait donc trouver un véhicule. Par chance, la camion russe derrière moi m’a de suite proposé de monter.

La passage a duré  2 heures, beaucoup d’attentes et de paperasseries. Au final, je suis passé  sans grosses difficultés. Je m’attendais à ce que mon routier russe me demande quelques chose, mais non, donc je n’ai pas insisté.

Frank avec son vélo couché
Frank avec son vélo couché

A Altanboulag, j’ai rencontré Frank, un allemand voyageant avec un vélo couché. Nous avions envisagé de rouler ensemble, mais avec son vélo plus aérodynamique, il allait à un rythme plus élevé que moi, surtout avec le vent de face.

Après quelques kilomètres, je l’ai donc laissé partir.

Les 1ère yourtes dans un paysage de steppe
Les 1ères yourtes dans un paysage de steppe

De suite après la frontière, les paysages changent. En Russie, jusqu’à la ville-frontière de Kyakhta, la route traverse la forêt. Une fois  en Mongolie, les arbres disparaissent et font place à la steppe. On aperçoit  aussi les premières yourtes, qu’on peut appeler de son nom russe « ger ».

Le relief s’adoucit. Il continue à avoir des cotes mais avec des dénivelés plus douces.

Après une première nuit passée a proximité de la ville de Sükbattar. je reprend la route et au bout de quelques minutes, Frantz, le cycliste allemand me rejoint. Il a dormi dans une auberge de jeunesse. Nous faisons quelques kms ensemble puis je m’arrête pour manger mes premiers kuursuurs,des friands frits fourrés à la viande de montons, qui vont constitués la base de ma nourriture pendant le mois passé en Mongolie. Frank continue sa route.

Suukhuurs accompagnés de légumes et de thé au lait : un classique de la cuisine mongole
Suukhuurs accompagnés de légumes et de thé au lait : un classique de la cuisine mongole

A midi, je revois Frank en train de se restaurer à proximité d’une rivière, je m’arrête et nous partageons un bon petit repas. Nous parlons de choses et d’autres, et il m’apprend qu’il habite en Laponie suédoise où il tenait une agence de voyage spécialisée dans des excursions pour touristes. Il a tout abandonné pour voyager.

Nous nous séparons à nouveau, lui devant, moi derrière. Mais alors que je prend une photo de Yourte dans un superbe paysage, je vois quelqu’un me faire signe en me disant de venir, c’est encore Frank à nouveau. Il a sympathisé avec la famille d’éleveurs mongoles.

Tous l’après-midi et le soir, nous profitons de l’hospitalité mongole, buvant du thé au lait, mangeant des petits gâteaux avec du beurre frais. Un régal.

Nous leur donnons également un coup de main pour tondre les moutons. Frank devient un expert pour les attraper et moi, plus timide je joue avec leur petite fille.

Le soir, nous dormons tous le deux dans notre tente Hilleberg. Et la steppe s’illumine de milles feux.

Le matin, quand je me lève, Frantz est déjà en train d’attraper des moutons. Cette fois-ci, je leur donne un coup de main et je me débrouille pas trop mal. Ils sont pressés car l’acheteur de la laine est déjà passé mais cela n’était pas fini. Une fois le travail terminé, nous déjeunons et reprenons notre route en les remerciant chaleureusement.

Toute la famille réunie avant le départ
Toute la famille réunie avant le départ

Nous faisons 1 km ensemble puis je le laisse partir devant. Cette fois-ci, je ne le reverrais plus.

Peu après que Frank soit parti, j’aperçois une Porsche 928 avec un pneu sur le toit qui vient en sens inverse. C’est Philippe et Thibault que j’avais déjà rencontré en Russie et qui reviennent de leur périple en Mongolie, . Ils sont ravis de leur petite détour qu’ils ont fait et retournent en Russie, direction Vladivostok.

Le soir, j’arrive à Dakran, 3ième ville du pays avec 85 000 hab.  Je trouve une soit-disante auberge de jeunesse grâce à mon application cartographique. En fait, cela ressemble à une école. Après quelques discussions gestuelles, on me met dans une chambre toute simple, avec un petit lit. Je suis le seul client. J’ai l’autorisation d’y mettre mon vélo donc tout baigne. Je ne demande pas le prix, je suis trop fatigué, donc je mange et tombe dans les bras de morphée

Finalement, le prix est tout doux (quelques euros). J’en profite pour rester 2 nuits.

Après ce repos, je reprend la route sous la pluie. J’arrive le soir à Bayangol. Pendant que je monte ma tente, un jeune mongole vient me voir, pour me proposer de dormir dans sa yourte, prétextant la pluie qui menace. je vais donc dormir sur un canapé dans une yourte après avoir partagé son repas. Il élève des chevaux et pour la première fois de ma vie, je vais monter sur un cheval.

Bon, finalement ce n'est pas plus dur que le vélo.
Bon, finalement ce n’est pas plus dur que le vélo.

Le lendemain, j’arrive à Bayanchandmani. Je me pose à coté d’une yourte. Les enfants viennent me voir, et veulent essayer mon vélo. La mère m’amène une soupe. Et le soir, la steppe prend de couleurs extraordinaires.

 

Le lendemain, j’arrive à Oulan Bator. les derniers kms se font sur une grosse route à 2 x 3 voies toute rectiligne. J’arrive chez Froy, un wharmshower hollandais.

Oulan-Bator et le Parc National de Terejl.

A Oulan-Bator, je dois faire ma demande de visa pour la Chine et, je l’espère, obtenir le colis avec mon nouveau pneu et mes rayons de rechange pour le pneu arrière (ceux que j’ai pris étant trop courts …).

Je ne reste que 3 jours  chez Froy, sentant que je ne suis pas forcément le bienvenue. Froy semble excéder par le comportement de ces hôtes. Il reçoit beaucoup de cyclistes qui semblent ne pas avoir toujours des comportements décents. Froy est intéressant et m’apprend plein de choses sur la Mongolie, mais j’ai l’impression qu’il n’ose pas dire le fond de sa pensée.

Je déménage dans une auberge de jeunesse, dans l’attente de mon colis et de mon visa.

Au bout d’une semaine, j’ai mon visa mais toujours pas mon colis. Le week end arrive et à partir de lundi, ce sont les fêtes de Naadam pendant 3 jours. Tout sera fermé à Oulan Bator. Je vais donc en profité pour une petit tour au Parc National de Terejl.

Je pars le lundi 11. Au début la route est désagréable, en mauvais état et avec une forte circulation. Mais dés que je prend l’embranchement direction Terejl, les paysages deviennent superbes. Et je croisent même des yaks.

Sur la route, je croise des yaks
Sur la route, je croise des yaks

Je m’arrête au premier village qui est situé au bord de la rivière Tuul. Mais surprise, il y a plein de monde. Contrairement à ce que je croyais, les habitants d’Oulan-Bator, enfin ceux qui sont motorisés, ont quitté la capitale pour aller camper. Et donc les bords de la rivière sont bondés de monde.

J’essaie de trouver un coin un peu isolé pour être au calme. Je passe une ptite barrière mais là, 2 femmes, les propriétaires, viennent me dire que c’est privé. Bon après négociation, elles me laissent m’installer.

Je commence à monter ma tente dans un coin, mais elles reviennenet me voir en me disant que ici , c’est pas sur. Elles veulent que je m’installe à coté de leurs yourtes. Pas de soucis.

Une fois installé, un mongole vient me voir. Il insiste pour que je vienne manger avec eux. Bon, même si j’ai pas faim, je finis par insister. Dans la famille, ils sont trés nombreux, ils ont bien fêter le Naadam à la bière et à la vodka. Ils insistent pour que je mange du mouton, il me font goûter le lait de jument fermenté appelé qu’on appelle aïrag, c’est absolument infect. Bien évidemment, j’ai également droit à la vodka.

Bon au bout d’un moment, compte-tenu de leur état d’ébriété, je décide de m’éclipser gentiment et comme de leur coté la fête semble finir ça tombe bien.

Le lendemain matin, quelques chameaux broutent à coté de la tente.

Chameaux à coté de la tente
Chameaux à coté de la tente

les gens de la yourte voisine m’invitent pour un petit déjeuner traditionnel, composé d’une soupe à la viande avec des pâtes. La femme parle anglais, elle est professeur de russe et  me raconte sa vie. Son mari est ingénieur dans une mine de charbon et ils habitent Oulan-Bator.

La femme, son mari et ses amis qui m'ont invité au petit dejeuner
La femme, son mari et ses amis qui m’ont invité au petit dejeuner

Elle me dit qu’en Mongolie, beaucoup de personne parle russe. Elle dit apprécier les russes qui sont bons et beaucoup moins les chinois et les japonais qui eux sont mauvais. Surprenant. Mais pendant presque tout le XX ème siècle, la Mongolie a été sous influence soviétique.

En partant, elle me dit de faire attention à mes fréquentations, j’apprends alors que les gens avec qui j’étais hier étaient des voleurs, d’après la brave dame. Bon.

La deuxième journée, j’arrive à Terelj. La route est jolie mais la ville pas terrible même s’il y a deux hôtels de luxe. Il y a encore beaucoup de monde au bord de la rivière. Je monte sur les hauteurs à la limite de la forêt  pour être tranquille, en espérant aucun ours ne viendra me déranger …  🙂

Paysage sur la route de Terejl
Paysage sur la route de Terejl

A mon retour, je m’arrête a nouveau au même endroit qu’à aller. Cette fois-ci, il y a beaucoup moins de monde, c’est la fin des fêtes et les mongoles plient bagages.

 

Sur la route du retour, je croise un jeune français qui voyage à pied , il a traversé la Mongolie d’Est à l’Ouest : courageux.

un jeune français voyageant à pied
un jeune français voyageant à pied

Arrivant à Oulan Bator, je n’ai toujours mon colis. La ville est quadrillée par des policiers à cause du 11 e sommet du dialogue Europe-Asie qui se déroule les 15 et 16 juillet 2016. Je ne sais pas si ces sommets sont bien utiles, mais en tout cas, en ville, on croise partout des officiels achetant des  souvenirs de Mongolie dans les magasins. Sans commentaire ….

Au final, je vais encore rester 6 jours dans la capitale. J’ai trouvé la ville agréable. Peu de chose à voir, mais il n’est pas désagréable d’y flâner. Au niveau sécurité,je n’ai pas eu de soucis, bien que la crise actuelle ait fait augmenté le délinquance et les vols.

 

Dans l’auberge de jeunesse, beaucoup de français plutôt jeunes, et pas mal de voyageurs au long cours. L’ambiance était vraiment bonne et j’ai pu discuté avec 2 français et un polonais qui voyageaient en faisant de l’auto-stop.

Ne voyant toujours pas arrivé mon colis, et mon visa arrivant a expiration, j’avais 2 solutions : prendre le train ou prolonger mon visa.  J’avais au début opté pour la 1ère solution, j’avais pris mon billet sur un train local jusqu’à la frontière chinoise pour un prix dérisoire : 17 000 Tugriks soit 7,7 € vélo compris.

Mais, j’avais vraiment envie de traverser le désert de Gobi à vélo, et juste avant de partir, je me suis dit que j’allais le regretter. Je suis donc aller à vélo au bureau de l’immigration situé à 12 km de la ville et en 2 heures j’ai eu une prolongation de 14 jours pour un coût de 38000 Tugriks  soit 17 €.

Donc au programme 700 km jusqu’à la frontière chinoise dont 400 km de désert puis encore le désert sur 250 km en Mongolie Intérieure.

 

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